CHAPITRE III.
MARIAGE.
M. de Noirville était encore en robe de chambre, occupé de regarder les passants, lorsque son notaire vint lui annoncer qu'il était agréé.
—C'est fini, elle consent, lui dit l'homme de loi.
—Tant mieux, répondit son client, car je m'étais dit: Si au bout d'un mois, jour pour jour après ma présentation, elle me refuse, je chercherai ailleurs. Au reste je suis fort content, car mamzelle d'Elmont n'est pas une beauté, mais elle a une petite figure chiffonnée qui me revient assez; et puis, elle paraît avoir une très jolie éducation, et être assez bonne enfant: seulement je ne lui crois pas beaucoup d'esprit, car elle est taciturne en diable; mais j'aime mieux cela qu'une femme qui jabotte comme une pie borgne. Il y aurait bien encore quelque chose à redire, car elle a l'air bien maigre?
—Ma foi, je ne trouve pas, moi, dit le notaire, qui pensait au contrat.
—Mais bah! reprit son client,—sa première couche l'engraissera, comme on dit.
Ah çà! je ne vous parle pas de sa naissance, ajouta-t-il, car ça ne prouve rien. La preuve est que moi, qui suis fils d'un chaudronnier, j'épouse la fille d'un marquis.
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