Les noces se firent et furent splendides, mais d'une splendeur horriblement bourgeoise.
La corbeille et les diamants valaient bien cent mille écus.
Aussi pendant huit jours tout Paris parla de la corbeille, et par conséquent du bonheur de mademoiselle d'Elmont, qui avait pourtant les yeux bien rouges en allant à l'autel.
Entre autres choses, elle pensait avec désespoir qu'il lui faudrait quitter son petit appartement du faubourg Saint-Germain, où se rattachaient tant de souvenirs, pour aller habiter le riche hôtel que M. de Noirville avait déjà acheté dans la rue de Londres.
Car une des habitudes de cette race d'hommes est de changer de demeure avec une effroyable facilité. En effet, que leur importe, qu'ont-ils dans la pensée qui puisse les lier au passé, au présent ou à l'avenir?
En revenant de l'église, M. de Noirville fit voir à sa femme tout son gros luxe, qu'elle admira médiocrement. Dans son boudoir, comme il disait, elle trouva un nécessaire à écrire tout en or et surchargé de pierreries.
M. de Noirville, en lui montrant le meuble d'un air étonnamment satisfait, dit à Cécile:
—J'espère que cela vaut un peu mieux que cette antiquaille qui était chez toi.
—Je ne vous comprends pas, Monsieur, dit Cécile, affreusement blessée de ce tutoiement si subit.
—Parbleu! c'est bien clair, je te dis que j'ai remplacé cette vieille machine à écrire que tu avais envoyée ici.