—Mon Dieu! qu'avez-vous fait de cet ancien nécessaire qui m'appartenait, Monsieur? s'écria Cécile, agitée par une crainte indéfinissable.
—Ma foi, je n'en sais rien, moi; c'est mon valet de chambre qui profite de tous ces vieux rogatons.
—Ah! Monsieur c'était l'écritoire de ma mère dit Cécile en pleurant.
—Console-toi, tu n'as pas tout vu, lui dit son mari, et, souriant, il ouvrit le nécessaire.
—Il y a là 20,000 fr., ce sont tes épingles, tu vois que je fais bien les choses, chère amie.
—Au nom du ciel! Monsieur, dit Cécile sans lui répondre, retrouvez-moi à tout prix le nécessaire de ma mère.
M. de Noirville prit ce désir pour un caprice de jeune fille, fit tout au monde pour avoir ce meuble; mais ce fut en vain, son laquais l'avait déjà vendu à un brocanteur qu'on ne rencontra plus.
Si l'imparfaite analyse de ces deux caractères a pu en donner quelque idée, on comprendra s'il est au monde une position plus horrible que le fut celle de mademoiselle d'Elmont lorsqu'elle se vit seule avec son mari, dans son immense hôtel.
Et pourtant, aux yeux du monde raisonnable, que lui manquait-il pour être heureuse?