Elle me dit à voix basse... Que le diable me soit en aide. On coucha les mariés.
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Le lendemain matin, je me promenais d’assez bonne heure dans le Parc, assez proche de la maison qu’habitait Hasth’y, lorsque je vis arriver une kyrielle de violons et de musiciens, et derrière eux toute la noce, conduite par le beau Bardou, qui avait un de ses gros yeux tout noir et tout contus, et riait d’un air capable; des domestiques portaient des haches et des leviers. Tout le monde était d’une gaîté folle.
—Vous ne savez donc pas, me dit M. Bardou père, qui pour sa part était armé d’un énorme merlin, il s’en est passé de drôles cette nuit. Est-ce que l'Espagnole n’a pas été effarouchée au point de battre mon Bardou, de se sauver de la chambre nuptiale, et de venir comme une folle s’enfermer chez son père, où elle a passé la nuit. Est-ce ça une vertu, hein?
—Les Espagnoles sont toutes comme cela, lui dis-je.
—Mais nous allons faire le siège de la maison, nous enfoncerons la porte, nous démolirons le mur, s’il le faut, mais nous l’aurons; tenez, voilà déjà mon Bardou qui commence à démolir la muraille. Au dixième coup de pioche, le marquis de la Ronda-Mayor parut sur le seuil tenant Tintilla par la main, qui, toute rouge et honteuse, cachait sa tête dans le sein du respectable vieillard...
—Victoire!... victoire!... cria Bardou.
Le beau Bardou, lui, ne cria pas victoire; mais comme il était fort comme un bœuf, il prit Tintilla dans ses bras et courut la porter aux pieds de madame Bardou (douairière), qui les bénit.
Je retournai le lendemain chez mon ami; et, quelque temps après, j’appris avec peine que cette pauvre créature, que ce niais avait si sottement sacrifiée, était morte de chagrin.