«Adieu, adieu, ma seule amie; ne me laissez pas sans réponse trop longtemps, et répondez-moi toujours comme je vous écris, en anglais, vous devinez pourquoi.

«Dites-moi, Sarah, quoique je possède bien peu de chose, je veux faire un testament; c’est un enfantillage; mais enfin, tout ce qui ornait le parloir de ma mère, je l’ai conservé, sauf l’écritoire que vous savez... eh bien! je voudrais bien que vous eussiez cela comme un souvenir de moi.

«Mon Dieu, que je suis faible et brûlante!... Je viens de demander un miroir, et j’ai eu peur, peur d’abord, et puis après... oh! après, cela a été de la joie..., une joie du ciel; car vous savez qui est au ciel, et qui m’y attend.

«Encore adieu, mon amie, car je me sens pleurer, et je veux fermer cette lettre; ne me laissez pas trop longtemps sans réponse. Mille bons souvenirs à ceux que vous aimez; embrassez bien votre ange d’enfant, et joignez ses petites mains pour moi. Encore adieu.

«CÉCILE de N.»

CHAPITRE VI.
UNE SOIRÉE.

Ce jour-là, Cécile était plus triste, plus rêveuse, plus souffrante encore que de coutume. Par hasard elle avait passé le matin devant l’ancien hôtel d'Elmont, et cette circonstance venait de réveiller dans son cœur tout un monde de cruels et amers souvenirs.

Plongée dans un large fauteuil, son beau front appuyé sur sa main blanche et amaigrie..., Cécile était dans son parloir.