CRINET.

Allons, je supporterai les tortures jusqu’au bout. Suzon, tu diras à mon épouse de m’envoyer du linge, des gilets de flanelle, des bonnets de coton, des serre-têtes, des couvertures, deux oreillers, et un édredon; du café au lait le matin; à déjeûner à dix heures; à dîner à cinq, et un consommé le soir. Adieu, Suzon, et dis à Malvina que je n’ai qu’un regret, celui de ne l’avoir pas embrassée avant de...

L'émotion le suffoque; il cache sa tête dans ses mains.—Suzon se jette à ses pieds, inonde ses mains de larmes. Le caporal est attendri, les gendarmes sont attendris.—M. Crinet surmonte l’émotion, et dit avec un calme sublime. Caporal... marchons...

Au moment où ils vont sortir, entre madame Crinet éplorée; elle se jette dans les bras de son mari, et s’évanouit; celui-ci s’échappe pour résister à cette scène attendrissante.—Suzon soutient sa maîtresse.

Apparaît Régulus à la porte; il jette un regard satanique, et un éclat de rire méphistophélétique sur les deux femmes.


Château de Saint-Brice, 15 août 1832.

—Une fois son œuvre terminée,—il est je crois, pour l’écrivain, deux manières de relire son livre:—La première est de le lire avec son esprit, à lui, la seconde de le lire avec l’esprit du public, si l’on peut s’exprimer ainsi.

De ces deux lectures si opposées,—résultent deux critiques bien distinctes.

La critique intime, personnelle de l’écrivain, qui est toujours, quoi qu’on puisse penser, la plus âcre, la plus incisive, la plus désolante.