— Je cours à la ville! m'écriai-je sans me rendre compte de la distance que je venais de parcourir, absorbé dans mon chagrin. Je retourne chercher du secours…

— Ah! ah! ah! courir à la ville, et nous en sommes à deux lieues, reprit Marion avec un nouvel éclat de rire douloureux. Je ne crains pas tes secours, Scanvoch… je serai mort avant un quart d'heure… Mais, au nom du ciel! qui t'a amené? va-t'en!

— Tu veux mourir… tu t'es donc frappé toi-même de ton épée?

— Tu l'as dit.

— Non, tu me trompes… ton épée est à ton côté… dans son fourreau…

— Que t'importe? va-t'en!…

Tu as été frappé par un meurtrier, ai-je repris en courant ramasser une épée sanglante encore, que je venais d'apercevoir à peu de distance voici l'arme dont on s'est servi contre toi.

— Je me suis battu en loyal combat… laisse-moi!…

— Tu ne t'es pas battu, tu ne t'es pas frappé toi-même. Ton épée, je le répète, est à ton côté, dans son fourreau… Non, non, tu es tombé sous les coups d'un lâche meurtrier… Marion, laisse-moi visiter ta plaie; tout soldat est un peu médecin… il suffirait peut-être d'arrêter le sang…

— Arrêter le sang! cria Marion en me jetant un regard furieux. Viens un peu essayer d'arrêter mon sang, et tu verras comme je te recevrai…