— L'insomnie, l'émotion, l'horreur longtemps contrainte que vous inspirait Tétrik, ont causé votre agitation fiévreuse… Prenez un peu de repos, ma soeur; je vais aller transcrire votre entretien avec cet homme… Ce soir, justice sera faite.

— Tu as raison; il me semble que si je pouvais dormir, cela me soulagerait… Va, mon frère, ne quitte pas la maison…

— Voulez-vous que j'envoie Sampso veiller près de vous?

— Non… je préfère être seule: le sommeil me viendra plus facilement…

Mora parut à ce moment, portant une coupe pleine de breuvage, qu'elle offrit à sa maîtresse. Celle-ci prit le vase et en but le contenu avec avidité.

Laissant ma soeur de lait aux soins de sa servante, je remontai chez moi afin de relater fidèlement les paroles de Tétrik. Je terminais ce travail, commencé depuis deux heures, lorsque je vis entrer Mora, pâle, épouvantée.

— Scanvoch, me dit-elle d'une voix haletante, venez… venez vite!… Laissez là cette écriture…

— Qu'y a-t-il?

— Ma maîtresse… malheur! malheur!… Venez vite!…

— Victoria!… un malheur la menace? m'écriai-je en me dirigeant à la hâte vers l'appartement de ma soeur de lait, tandis que Mora, me suivant, disait: