— Si elle ne t'avait sauvé la vie, me dit Ellèn, je trouverais à cette femme l'air sombre et menaçant.
— Elle est sauvage comme ses sauvages compatriotes… Lorsque vous lui aurez donné des vêtements, je la conduirai dans la petite chambre basse, où je l'enfermerai pour plus de prudence.
Sampso étant allée chercher une tunique et une mante pour Elwig, je dis à ma femme:
— Cette nuit… peu de temps avant mon retour… tu n'as entendu aucun bruit à la fenêtre de ta chambre?
— Aucun… ni Sampso non plus, car elle ne m'a pas quittée de la soirée, tant nous étions inquiètes de la durée de ton absence… Mais pourquoi me fais-tu cette question?
Je ne répondis pas tout d'abord à ma femme, car, voyant sa soeur revenir avec des vêtements, je dis à Elwig en les lui remettant:
— Voici des habits que ma femme et sa soeur t'offrent pour remplacer les tiens qui sont mouillés… As-tu besoin d'autre chose? … As-tu faim?… as-tu soif? Enfin, que veux-tu?
— Je veux la solitude, me répondit Elwig en repoussant les vêtements du geste, je veux la nuit noire…
— Suis-moi donc, lui dis-je.
Et marchant devant elle, j'ouvris la porte d'une petite chambre, et j'ajoutai en élevant la lampe, afin de lui montrer l'intérieur de ce réduit: