— Exécute ton plan de point en point, brave Marion… Extermine la réserve des Franks, incendie leur camp, leurs chariots… La journée est à nous si je force ces écorcheurs à la retraite.
— Et tu les y forceras, Victorin… c'est chez toi vieille habitude, quoique ta barbe soit naissante. Je cours chercher mon bon ami Eustache et exécuter tes ordres…
Avant de sortir, le capitaine Marion tira son épée, la présenta par la poignée à la mère des camps, et lui dit:
— Touchez, s'il vous plaît, cette épée de votre main, Victoria… ce sera d'un bon augure pour la journée…
— Va, brave et bon Marion, répondit la mère des camps en rendant l'arme, après en avoir serré virilement la poignée dans sa belle et blanche main, va, Hésus est pour la Gaule, qui veut vivre libre et prospère.
— Notre cri de guerre sera: Victoria la Grande! et on l'entendra d'un bord à l'autre du Rhin, dit Marion avec exaltation.
Puis il ajouta en sortant précipitamment:
— Je cours chercher mon ami Eustache, et à nos barques! à nos barques!
Au moment où Marion sortait, plusieurs chefs de légions et de cohortes, instruits du débarquement des Franks par l'officier qui, porteur de cette nouvelle, avait sur son passage répandu l'alarme dans le camp, accoururent prendre les ordres du jeune général.
— Mettez-vous à la tête de vos troupes, leur dit-il. Rendez-vous avec elles au champ d'exercice. Là, j'irai vous rejoindre, et je vous assignerai votre marche de bataille; je veux auparavant en conférer avec ma mère.