Mira, s'entêtant, fit trois lieues de plus puis force lui fut de s'arrêter à son tour.
La diligence continua majestueusement son chemin, laissant les blessés en route.
On arriva le cinquième jour à Toulon.
Le premier soin des exilés fut d'écrire, pour avoir des nouvelles de leurs amis.
Romieu avait été ramené dans la capitale sur une civière.
Mira avait préféré attendre sa convalescence là où il était, et, quinze jours après, rentrait à Paris en voiture.
On s'installa à Toulon et l'on commença de faire les beaux avec les restes de la splendeur parisienne. Ces restes de splendeur, un peu fanés, étaient du luxe à Toulon.
Les Toulonnais ne tardèrent pas à regarder les nouveaux venus d'un mauvais oeil; ils appelaient Eugène Sue, le _Beau Sue. _Les Toulonnais faisaient un calembour auquel l'orthographe manquait, mais qui se rachetait par la consonance.
Le calembour eut d'autant plus de succès là-bas, qu'Eugène Sue, très beau garçon, du reste, nous l'avons dit déjà, avait la tête un peu dans les épaules.
Mais le haro redoubla, quand on vit tous les soirs venir les muscadins au théâtre, et que l'on s'aperçut qu'ils y venaient particulièrement pour lorgner la première amoureuse, Mlle Florival.