— Rien!!! aucune nouvelle de ma mère! reprit-il; encore trente- six heures d'inquiétude.

— Il me semble que si Mme la princesse avait eu de mauvaises nouvelles à donner, elle eût écrit; probablement le mieux continue…

— Vous avez sans doute raison, Rodin; mais il n'importe… je ne suis pas tranquille… Si demain je n'ai pas de nouvelles complètement rassurantes, je partirai pour la terre de la princesse… Pourquoi faut-il que ma mère ait voulu aller passer l'automne dans ce pays!… Je crains que les environs de Dunkerque ne soient pas sains pour elle…

Après un moment de silence il ajouta, en continuant de se promener:

— Enfin… voyez ces lettres… d'où sont-elles?… Rodin, après avoir examiné leur timbre, répondit:

— Sur les quatre, il y en a trois relatives à la grande et importante affaire des médailles…

— Dieu soit loué!… pourvu que les nouvelles soient favorables, s'écria le maître de Rodin avec une expression d'inquiétude qui témoignait de l'extrême importance qu'il attachait à cette affaire.

— L'une, de Charlestown, est sans doute relative à Gabriel le missionnaire, répondit Rodin; l'autre, de Batavia, a sans doute rapport à l'Indien Djalma… Celle-ci est de Leipzig… Sans doute elle confirme celle d'hier, où ce dompteur de bêtes féroces, nommé Morok, annonçait que, selon les ordres qu'il avait reçus, et sans qu'on pût l'accuser en rien, les filles du général Simon ne pourraient continuer leur voyage.

Au nom du général Simon un nuage passa sur les traits du maître de
Rodin.

II. Les ordres.[2]