Pâques arriva, et, avec Pâques, un certain nombre de convives. Chacun avait promis d'apporter son plat, qui un homard, qui un poulet rôti, qui un pâté.

Or, il arriva que, chacun comptant sur son voisin, l'argent manquant à tous, personne n'apporta rien.

Il fallait cependant faire la pâque; c'eût été un péché que de ne pas fêter un pareil jour.

On alla droit aux étables et l'on égorgea un mouton.

Par malheur, le mouton était un magnifique mérinos que le docteur gardait comme échantillon.

Il fut dépouillé, rôti, mangé jusqu'à la dernière côtelette.

Lorsque le docteur apprit ce nouveau méfait, il se mit dans une abominable colère; mais aux colères paternelles, Eugène Sue opposait une admirable sérénité.

C'était un charmant caractère que celui de notre pauvre ami, toujours gai, joyeux, riant.

Il devint triste, mais resta bon.

Ordre fut donné à Eugène Sue de quitter Paris.