Note n°6.

Mademoiselle Adrienne Rennepont de Cardoville.

«Parente éloignée (et ignorant cette parenté) de Jacques Rennepont, dit Couche-tout-nu, et de Gabriel Rennepont, prêtre missionnaire. Elle a bientôt vingt et un ans, la plus piquante physionomie du monde, la beauté la plus rare, quoique rousse, un esprit des plus remarquables par son originalité, une fortune immense, tous les instincts sensuels. On est épouvanté de l'avenir de cette jeune personne, quand on songe à l'audace incroyable de son caractère. Heureusement, son subrogé tuteur, le baron de Tripeaud (baron de 1829 et homme d'affaires du feu comte de Rennepont, duc de Cardoville), est tout à fait dans les intérêts et presque dans la dépendance de la tante de Mlle de Cardoville. L'on compte, à bon droit, sur cette digne et respectable parente, et sur M. Tripeaud, pour combattre et vaincre les desseins étranges, inouïs, que cette jeune personne, aussi résolue qu'indépendante, ne craint pas d'annoncer… et que malheureusement l'on ne peut fructueusement exploiter… dans l'intérêt de l'affaire en question, car…»

Rodin ne put continuer, deux coups discrètement frappés à la porte l'interrompirent.

Le secrétaire se leva, alla voir qui heurtait, resta un moment dehors, puis revint tenant deux lettres à la main, en disant:

— Mme la princesse a profité du départ d'une estafette pour envoyer…

— Donnez la lettre de la princesse! s'écria le maître de Rodin sans le laisser achever. Enfin, je vais avoir des nouvelles de ma mère!!! ajouta-t-il.

À peine avait-il lu quelques lignes de cette lettre, qu'il pâlit; ses traits exprimèrent aussitôt un étonnement profond et douloureux, une douleur poignante.

— Ma mère! s'écria-t-il. Ô mon Dieu! ma mère!

— Quelque malheur serait-il arrivé? demanda Rodin d'un air alarmé en se levant à l'exclamation de son maître.