— Hélas, mon cher monsieur!… dit M. Rodin en poussant un soupir contrit et douloureux.
— Ah! mon Dieu… monsieur… est-ce qu'il serait arrivé malheur à cette bonne Mlle Adrienne?
— Comment l'entendez-vous?
— Est-ce qu'elle serait malade?
— Non… non… elle est malheureusement aussi bien portante qu'elle est belle…
— Malheureusement!… dit le régisseur surpris.
— Hélas, oui! car lorsque la beauté, la jeunesse et la santé se joignent à un désolant esprit de révolte et de perversité… à un caractère… qui n'a sûrement pas son pareil sur la terre… il vaudrait mieux être privé de ces dangereux avantages… qui deviennent autant de causes de perdition… Mais, je vous en conjure, mon cher monsieur, parlons d'autre chose… Ce sujet m'est trop pénible… dit M. Rodin d'une voix profondément émue, et il porta le bout de son petit doigt gauche dans le coin de son oeil droit comme pour y sécher une larme naissante.
Le régisseur ne vit pas la larme, mais vit le mouvement, et il fut frappé de l'altération de la voix de M. Rodin. Aussi reprit-il d'un ton pénétré:
— Monsieur… pardonnez-moi mon indiscrétion… je ne savais pas…
— C'est moi qui vous demande pardon de cet attendrissement involontaire… les larmes sont rares chez les vieillards… mais si vous aviez vu comme moi le désespoir de cette excellente princesse… qui n'a eu qu'un tort, celui d'avoir été trop bonne pour sa nièce… et d'avoir ainsi encouragé ses… Mais encore une fois, parlons d'autre chose, mon cher monsieur.