— Oui… que voulez-vous?

— Vous demeurez rue du Milieu-des-Ursins, à Paris?

— Oui… mais encore une fois, que voulez-vous?

— Rien… maintenant… frère… plus tard… beaucoup.

Et Faringhea, s'éloignant à pas lents, laissa Rodin effrayé; car cet homme qui ne tremblait devant rien, avait été frappé du sinistre regard et de la sombre physionomie de l'Étrangleur.

IV. Le départ pour Paris.

Le plus grand silence règne dans le château de Cardoville; la tempête s'est peu à peu calmée, l'on n'entend plus au loin que le sourd ressac des vagues qui s'abattent pesamment sur la côte.

Dagobert et les orphelines ont été établis dans des chambres chaudes et confortables au premier étage du château.

Djalma, trop grièvement blessé pour être transporté à l'étage supérieur, est resté dans une salle basse. Au moment du naufrage, une mère éplorée lui avait remis son enfant entre les bras. En vain il voulut tenter d'arracher cet infortuné à une mort certaine; ce dévouement a gêné ses mouvements et le jeune Indien a été presque brisé sur les roches. Faringhea, qui a su le convaincre de son affection, est resté auprès de lui à le veiller.

Gabriel, après avoir donné quelques consolations à Djalma, est remonté dans la chambre qui lui était destinée; fidèle à la promesse qu'il a faite à Rodin d'être prêt à partir au bout de deux heures, il n'a pas voulu se coucher: ses habits séchés, il s'est endormi dans un grand fauteuil à haut dossier, placé devant une cheminée où brûle un ardent brasier.