Et il sortit avec Rodin, qui n'avait perdu ni un mot ni un incident de cette scène.
Deux heures après, Dagobert et les deux orphelines avaient quitté le château pour se rendre à Paris, ignorant que Djalma restait à Cardoville, trop blessé pour partir encore.
Le métis Faringhea demeura auprès du jeune prince, ne voulant pas, disait-il, abandonner son compatriote.
* * * *
Nous conduirons maintenant le lecteur rue Brise-Miche, chez la femme de Dagobert.
Cinquième partie
La rue Brise-Miche
I. La femme de Dagobert.
Les scènes suivantes se passent à Paris, le lendemain du jour où les naufragés ont été recueillis au château de Cardoville.
Rien de plus sinistre, de plus sombre, que l'aspect de la rue Brise-Miche, dont l'une des extrémités donne rue Saint-Merry, l'autre près de la petite place du Cloître, vers l'église. De ce côté, cette ruelle, qui n'a pas plus de huit pieds de largeur, est encaissée entre deux immenses murailles noires, boueuses, lézardées, dont l'excessive hauteur prive en tout temps cette voie d'air et de lumière; à peine pendant les plus longs jours de l'année, le soleil peut-il y jeter quelques rayons: aussi, lors des froids humides de l'hiver, un brouillard glacial, pénétrant, obscurcit constamment cette espèce de puits oblong au pavé fangeux.
Il était environ huit heures du soir; à la pâle clarté du réverbère dont la lumière rougeâtre perçait à peine la brume, deux hommes, arrêtés dans l'angle de l'un de ces murs énormes, échangeaient quelques paroles.