— Tu repars déjà pour une autre mission? dit Dagobert; c'est impossible.

— Je ne puis rien vous répondre à ce sujet, dit Gabriel en étouffant un soupir; mais d'ici quelque temps… je ne puis, je ne dois revenir dans cette maison…

— Tiens, mon brave enfant, reprit le soldat avec émotion, il y a dans ta conduite quelque chose qui sent la contrainte… l'oppression… Je me connais en hommes… Celui que tu appelles ton supérieur, et que j'ai vu quelques instants après le naufrage, au château de Cardoville… a une mauvaise figure, et, mordieu! je suis fâché de te voir enrôlé sous un pareil capitaine.

— Au château de Cardoville!… s'écria le forgeron, frappé de cette ressemblance de nom; c'est au château de Cardoville que l'on vous a recueillis après votre naufrage?

— Oui, mon garçon; qu'est-ce qui t'étonne?

— Rien, mon père… Et les maîtres de ce château y habitaient- ils?

— Non, car le régisseur, à qui je l'ai demandé pour les remercier de la bonne hospitalité que nous avions reçue, m'a dit que la personne à qui il appartenait habitait Paris.

— Quel singulier rapprochement! se dit Agricol, si cette demoiselle était la propriétaire du château qui porte son nom… Puis, cette réflexion lui rappelant la promesse qu'il avait faite à la Mayeux, il dit à Dagobert: — Mon père, excusez-moi… mais il est déjà tard… et je devais être aux ateliers à huit heures…

— C'est trop juste, mon garçon… Allons… c'est partie remise… à mon retour de Chartres… Embrasse-moi encore une fois et sauve-toi.

Depuis que Dagobert avait parlé à Gabriel de contrainte, d'oppression, ce dernier était resté pensif… Au moment où Agricol s'approchait pour lui serrer la main et lui dire adieu, le missionnaire lui dit d'une voix grave, solennelle, et d'un ton décidé qui étonna le forgeron et le soldat: