Le même timbre argentin sonna au dehors.
Hébé se dirigeait vers la porte pour aller savoir ce que c'était et exécuter les ordres de sa maîtresse; mais Florine se précipita pour ainsi dire au-devant d'elle pour sortir à sa place et dit à Adrienne:
— Mademoiselle veut-elle que je fasse porter cette lettre? j'ai besoin d'aller au Grand-Hôtel.
— Alors, vas-y, toi; Hébé, vois ce qu'on veut; et toi, Georgette, cachette cette lettre.
Au bout d'un instant, pendant lequel Georgette cacheta la lettre,
Hébé revint.
— Mademoiselle, dit-elle en rentrant, cet ouvrier qui a retrouvé Lutine hier vous supplie de le recevoir un instant… il est très pâle… et il a l'air bien triste…
— Aurait-il déjà besoin de moi?… Ce serait trop heureux, dit gaiement Adrienne. Fais entrer ce brave et honnête garçon dans le petit salon… et toi, Florine, envoie cette lettre à l'instant.
Florine sortit; Mlle de Cardoville, suivie de Lutine, entra dans le petit salon, où l'attendait Agricol.
III. L'entretien.
Lorsque Adrienne de Cardoville entra dans le salon où l'attendait Agricol, elle était mise avec une extrême et élégante simplicité; une robe de casimir gros bleu, à corsage juste, bordée sur le devant en lacets de soie noire selon la mode d'alors, dessinait sa taille de nymphe et sa poitrine arrondie; un petit col de batiste uni et carré se rabattait sur un large ruban écossais noué en rosette, qui lui servait de cravate; sa magnifique chevelure dorée encadrait sa blanche figure d'une incroyable profusion de longs et légers tire-bouchons qui atteignaient presque son corsage.