Puis s'adressant à Georgette:
— As-tu écrit, petite?
— Oui, mademoiselle…
— Ah!… ajoute en post-scriptum: «Je vous envoie un crédit à vue sur mon banquier pour toutes ces dépenses; ne ménagez rien… vous savez que je suis assez grand seigneur… (il faut bien me servir de cette expression masculine, puisque vous vous êtes exclusivement approprié, tyrans que vous êtes, ce terme significatif d'une noble générosité).»
— Maintenant, Georgette, dit Adrienne, apporte-moi une feuille de papier et cette lettre, que je la signe.
Mlle de Cardoville prit la plume qui lui présentait Georgette, signa la lettre et y renferma un bon sur son banquier, ainsi conçu:
«On payera à M. Norval, sur son reçu, la somme qu'il demandera pour dépenses faites en son nom.
«Adrienne DE CARDOVILLE.»
Pendant toute cette scène et durant que Georgette écrivait, Florine et Hébé avaient continué de s'occuper des soins de la toilette de leur maîtresse, qui avait quitté sa robe de chambre et s'était habillée afin de se rendre auprès de sa tante. À l'attention soutenue, opiniâtre, dissimulée, avec laquelle Florine avait écouté Adrienne dicter sa lettre à M. Norval, on voyait facilement que, selon son habitude, elle tâchait de retenir les moindres paroles de Mlle de Cardoville.
— Petite, dit celle-ci à Hébé, tu vas à l'instant envoyer cette lettre chez M. Norval.