— Au secours!…

D'un signe ces femmes se montrèrent la jeune fille, et pendant que l'une posait la lampe sur la cheminée, l'autre (celle qui portait le bonnet de deuil), s'approchant de la croisée, appuya sa grande main osseuse sur l'épaule de Mlle de Cardoville. Se retournant brusquement, celle-ci poussa un nouveau cri d'effroi à la vue de cette sinistre figure. Ce premier mouvement de stupeur passé, Adrienne se rassura presque; si repoussante que fût cette femme, c'était du moins quelqu'un à qui elle pouvait parler; elle s'écria donc vivement d'une voix altérée:

— Où est M. Baleinier?

Les deux femmes se regardèrent, échangèrent un signe d'intelligence et ne répondirent pas.

— Je vous demande, madame, reprit Adrienne, où est M. Baleinier, qui m'a amenée ici?… je veux le voir à l'instant…

— Il est parti, dit la grosse femme.

— Parti!… s'écria Adrienne, parti sans moi!… Mais qu'est-ce que cela signifie? mon Dieu!…

Puis, après un moment de réflexion, elle reprit:

— Allez me chercher une voiture. Les deux femmes se regardèrent en haussant les épaules.

— Je vous prie, madame, reprit Adrienne d'une voix contenue, de m'aller chercher une voiture, puisque M. Baleinier est parti sans moi; je veux sortir d'ici.