En disant ces mots, Françoise s'était jetée à genoux sur le carreau en se signant pieusement.

Pendant le moment de silence causé par le mouvement dévotieux de Françoise, Rose et Blanche s'approchèrent de la Mayeux et lui dirent tout bas avec une expression de touchant intérêt:

— Comme vous êtes mouillée!… vous devez avoir bien froid…
Prenez garde, si vous alliez être malade!

— Nous n'avons pas osé faire songer Mme Françoise à allumer le poêle… maintenant nous allons le lui dire.

Aussi surprise que pénétrée de la bienveillance que lui témoignaient les filles du maréchal Simon, la Mayeux, plus sensible que toute autre à la moindre preuve de bonté, leur répondit avec un regard d'ineffable reconnaissance:

— Je vous remercie de vos bonnes intentions, mesdemoiselles. Rassurez-vous; je suis habituée au froid, et je suis d'ailleurs si inquiète que je ne le sens pas.

— Et mon fils? dit Françoise en se relevant après être restée quelques moments agenouillée, pourquoi a-t-il passé la nuit dehors? Vous savez donc où le trouver, ma bonne Mayeux?… Va-t-il venir bientôt?… pourquoi tarde-t-il?

— Madame Françoise, je vous assure qu'Agricol se porte bien; mais je dois vous dire que d'ici à quelque temps…

— Eh bien?…

— Voyons, madame, du courage!