— Mais enfin, madame, que sont devenues ces jeunes filles qu'on vous a confiées?…
— Je ne puis rien dire là-dessus… monsieur… Si je n'ai pas répondu à mon pauvre mari… c'est que je ne répondrai à personne…
— Eh bien, monsieur, reprit Dagobert, avais-je tort? une honnête et excellente femme comme elle, toujours pleine de raison, de bon sens, de dévouement, parler ainsi… est-ce naturel? Je vous répète, monsieur, que c'est une affaire de confesseur… Agissons contre lui vivement. et promptement… nous saurons tout… et mes pauvres enfants me seront rendues.
Le commissaire dit à Françoise, sans pouvoir réprimer une certaine émotion:
— Madame…, je vais vous parler bien sévèrement; mon devoir m'y oblige. Tout ceci se complique d'une manière si grave, que je vais de ce pas instruire la justice de ces faits; vous reconnaissez que ces jeunes filles vous ont été confiées, et vous ne pouvez les représenter… Maintenant, écoutez-moi bien… Si vous refusiez de donner aucun éclaircissement à leur sujet… c'est vous seule… qui seriez accusée de leur disparition… et je serais, à mon grand regret, obligé de vous arrêter…
— Moi! s'écria Françoise avec terreur.
— Elle! s'écria Dagobert, jamais… Encore une fois, c'est son confesseur et non pas elle que j'accuse… Ma pauvre femme… l'arrêter!
Et il courut à elle comme s'il eût voulu la protéger.
— Monsieur… il est trop tard, dit le commissaire; vous m'avez déposé votre plainte sur l'enlèvement de deux jeunes filles. D'après les déclarations mêmes de votre femme, elle seule est jusqu'ici la seule compromise. Je dois la conduire auprès de M. le procureur du roi, qui du reste avisera.
— Et moi, monsieur, je vous dis que ma femme ne sortira pas d'ici! s'écria Dagobert d'un ton menaçant.