Un matin arriva aux Barattes — c'était le nom du chalet d'Eugène
Sue — un autre exilé, le colonel Charras.

Ce fut une grande fête pour les deux amis de se revoir.

Depuis cinq ou six jours, ils étaient ensemble, oubliant le présent, parlant de l'avenir, lorsque Eugène Sue fut pris d'une douleur névralgique, très forte à la tempe droite, douleur qu'il avait ressentie depuis quelques mois, à diverses reprises.

Des députations de la société nautique arrivèrent pour faire une ovation à l'exilé, peut-être aux deux exilés.

Eugène Sue éprouvait de telles douleurs de tête, qu'il ne put recevoir personne.

On se contenta de lui donner une sérénade.

Le lundi 27 juillet, une fièvre intermittente se déclara, mais elle parut céder à une énergique médication.

Le mercredi, il y avait un mieux sensible, mais accompagné de faiblesse; cependant, il resta debout et voulut commencer un nouveau roman; il venait d'achever et d'envoyer en France Les Secrets de l'oreiller.

Mais il froissa et jeta les premiers feuillets; les idées ne venaient pas.

Le vendredi, il était si bien portant, que ce fut lui qui réveilla Charras, lui proposant de faire avec lui son ascension favorite, sur la montagne qui domine son chalet.