— C'est cela, dit Céphyse. Maintenant, le cavalier seul, dit-elle au remplaçant de Jacques. Et la contredanse continua.
Nini-Moulin venait de prendre Rose-Pompon de la main droite et la reine Bacchanal de la main gauche, afin de balancer entre elles deux, figure dans laquelle il était étourdissant de bouffonnerie, lorsque la porte s'ouvrit de nouveau et le garçon, que Jacques avait suivi, s'approcha vivement de Céphyse d'un air consterné et lui parla à l'oreille, ainsi qu'il avait parlé à Couche-tout-nu. La reine Bacchanal devint pâle, poussa un cri perçant, se précipita vers la porte et sortit en courant sans prononcer une parole, laissant ses convives stupéfaits.
IV. Les adieux.
La reine Bacchanal, suivant le garçon du traiteur, arriva au bas de l'escalier. Un fiacre était à la porte. Dans ce fiacre elle vit Couche-tout-nu avec un des hommes qui, deux heures auparavant, stationnaient sur la place du Châtelet.
À l'arrivée de Céphyse, l'homme descendit et dit à Jacques en tirant sa montre:
— Je vous donne un quart d'heure… c'est tout ce que je peux faire pour vous, mon brave garçon… après cela… en route. N'essayez pas de nous échapper, nous veillerons aux portières tant que le fiacre restera là.
D'un bond Céphyse fut dans la voiture. Trop émue pour avoir parlé jusque-là, elle s'écria, en s'asseyant à côté de Jacques et en remarquant sa pâleur:
— Qu'y a-t-il? que te veut-on?
— On m'arrête pour dettes… dit Jacques d'une voix sombre.
— Toi! s'écria Céphyse en poussant un cri déchirant.