Dagobert avait tenu ce discours à Rabat-Joie tout en marchant et en tenant les yeux fixés sur son brave chien, qui marchait d'un bon pas… Tout à coup, voyant le fidèle animal le quitter en bondissant, il leva la tête et aperçut à quelques pas de lui Rabat-Joie faisant de nouveau fête à la Mayeux et à Agricol, qui venaient de se rejoindre à quelques pas de la porte du couvent.
— La Mayeux! s'étaient écriés le père et le fils à la vue de la jeune ouvrière en s'approchant d'elle et la regardant avec une surprise profonde.
— Bon espoir! monsieur Dagobert, dit-elle avec une joie impossible à rendre, Rose et Blanche sont retrouvées… Puis se retournant vers le forgeron:
— Bon espoir, Agricol! Mlle de Cardoville n'est pas folle… Je viens de la voir…
— Elle n'est pas folle?… Quel bonheur! dit le forgeron.
— Les enfants!!! s'écria Dagobert en prenant dans ses mains tremblantes d'émotion les mains de la Mayeux… vous les avez vues?
— Oui, tout à l'heure… bien tristes… bien désolées… mais je n'ai pu leur parler.
— Ah! dit Dagobert en s'arrêtant comme suffoqué par cette nouvelle, et portant ses deux mains à sa poitrine, je n'aurais jamais cru que mon vieux coeur pût battre si fort. Et pourtant… grâce à mon chien, je m'attendais presque à ce qui arrive… mais c'est égal… j'ai… comme un éblouissement de joie…
— Brave père, tu vois, la journée est bonne, dit Agricol en regardant l'ouvrière avec reconnaissance.
— Embrassez-moi, ma digne et chère fille, ajouta le soldat en serrant la Mayeux dans ses bras avec effusion. Puis, dévoré d'impatience, il ajouta: