— Bien! bien! mon frère, dit Agricol.
— Monsieur le notaire, dit alors Rodin de sa petite voix aigre, monsieur le notaire, faites donc comprendre à M. l'abbé Gabriel qu'il peut se parjurer tant qu'il lui plaît, mais que le Code civil est moins commode à violer qu'une promesse simplement… et seulement… sacrée!!!
— Parlez, monsieur, dit Gabriel.
— Apprenez donc à M. l'abbé Gabriel, dit Rodin, qu'une _donation entre vifs, _comme celle qu'il a faite au révérend père d'Aigrigny, est révocable seulement pour trois raisons, n'est-ce pas?
— Oui, monsieur, trois raisons, dit le notaire.
— La première, pour survenance d'enfant, dit Rodin, et je rougirais de parler à M. l'abbé de ce cas de nullité. Le second motif d'annulation serait l'ingratitude du donataire… Or, M. l'abbé Gabriel peut être certain de notre profonde et éternelle reconnaissance. Enfin le troisième cas de nullité est l'inexécution des voeux du donateur relativement à l'emploi de ses dons. Or, si mauvaise opinion que M. l'abbé Gabriel ait tout à coup prise de nous, il nous accordera du moins quelque temps d'épreuve pour le convaincre que ses dons, ainsi qu'il le désire, seront appliqués à des oeuvres qui auront pour but la plus grande gloire du Seigneur.
— Maintenant, monsieur le notaire, reprit le père d'Aigrigny, c'est à vous de prononcer et de dire si M. l'abbé Gabriel peut ou non révoquer la donation qu'il m'a faite.
Au moment où le notaire allait répondre, Bethsabée rentra précédant deux nouveaux personnages qui se présentèrent dans le salon rouge, à peu de distance l'un de l'autre.
X. Un bon génie.
Le premier des deux personnages dont l'arrivée avait interrompu la réponse du notaire, était Faringhea.