— Un moment, monsieur, lui dit Samuel en se levant et lui barrant le passage. Je prie M. le notaire d'examiner l'enveloppe qui vient de lui être remise… vous sortirez ensuite.

— Mais, monsieur, dit Rodin en essayant de forcer le passage, la question est définitivement jugée en faveur du père d'Aigrigny… Ainsi, permettez…

— Je vous dis, monsieur, reprit le vieillard d'une voix retentissante, que ce coffret ne sortira pas d'ici avant que M. le notaire ait pris connaissance de l'enveloppe que l'on vient de lui remettre.

Ces mots de Samuel attirèrent l'attention de tous. Rodin fut forcé de revenir sur ses pas. Malgré sa fermeté, le juif frissonna au regard implacable qu'à ce moment lui lança Rodin. Le notaire, s'étant rendu au voeu de Samuel, examinait l'enveloppe avec attention.

— Ciel!… s'écria-t-il tout à coup, que vois-je?… Ah! tant mieux.

À l'exclamation du notaire, tous les yeux se tournèrent vers lui.

— Oh! lisez, lisez, monsieur, s'écria Samuel en joignant les mains, mes pressentiments ne m'auront peut-être pas trompé!

— Mais, monsieur, dit le père d'Aigrigny au notaire, commençant à partager les anxiétés de Rodin, mais, monsieur… quel est ce papier?

— Un codicille, reprit le notaire, un codicille qui remet tout en question.

— Comment, monsieur, s'écria le père d'Aigrigny en fureur en s'approchant vivement du notaire, tout est remis en question? Et de quel droit?