— Puisque tu parles de peur… toi! tu vas marcher avec nous… et tu nous verras aux prises! s'écria le formidable carrier d'une voix tonnante et s'avançant vers Morok.

Et nombre de voix se joignirent à la voix du carrier.

— Les _Loups _avoir peur des Dévorants!

_— _Ce serait la première fois.

— La bataille… la bataille! et que ça finisse!

— Ça nous assomme à la fin… Pourquoi tant de misère pour nous et tant de bonheur pour eux?

— Ils ont dit que les carriers étaient des bêtes brutes, bonnes à monter dans les roues de carrière comme des chiens de tournebroche, dit un émissaire du baron Tripeaud.

— Et qu'eux autres _Dévorants _se feraient des casquettes avec la peau des Loups, ajouta un autre.

— Ni eux ni leurs familles ne vont jamais à la messe. C'est des païens… des vrais chiens! cria un émissaire de l'abbé prêcheur.

— Eux, à la bonne heure… faut bien qu'ils fassent le dimanche à leur manière! mais leurs femmes, ne pas aller à la messe… ça crie vengeance…