— Aujourd'hui ou demain, madame.
— On ne sait pas à quelle heure il sera ici, monsieur?
— Je ne crois pas qu'on le sache, madame; mais le portier de la fabrique, qui est aussi le portier de la maison de M. Hardy, pourra peut-être vous en instruire.
— Je vous remercie, monsieur.
— À votre service, madame.
— Monsieur Agricol, dit Angèle lorsque la femme qui venait d'interroger le forgeron fut éloignée, ne trouvez-vous pas que cette dame était bien pâle et avait l'air bien ému?
— Je l'ai remarqué comme vous, mademoiselle; il m'a semblé voir rouler une larme dans ses yeux.
— Oui, elle avait l'air d'avoir pleuré. Pauvre femme! peut-être vient-elle demander quelques secours à M. Hardy… Mais qu'avez- vous, monsieur Agricol, vous semblez tout pensif?
Agricol pressentait vaguement que la visite de cette femme âgée, à la figure si triste, devait avoir quelque rapport avec l'aventure de la jeune et jolie dame blonde qui trois jours auparavant était venue si éplorée, si émue, demander des nouvelles de M. Hardy, et qui avait appris peut-être trop tard qu'elle avait été suivie et espionnée.
— Pardonnez-moi, mademoiselle, dit Agricol à Angèle, mais la présence de cette femme me rappelait une circonstance dont je ne puis malheureusement pas vous parler, car ce n'est pas mon secret à moi seul.