Et le fiacre reprit le chemin de la barrière.

* * * * *

Plusieurs ouvriers, au moment de se rendre à Paris pour porter la réponse de leurs camarades à d'autres propositions relatives aux sociétés secrètes, avaient eu besoin de conférer à l'écart avec le père du maréchal Simon; de là le retard de sa conversation avec son fils.

Le vieil ouvrier, contremaître de la fabrique, occupait deux belles chambres situées au rez-de-chaussée, à l'extrémité de l'une des ailes de la maison commune; un petit jardin d'une quarantaine de toises, qu'il s'amusait à cultiver, s'étendait au-dessous des fenêtres; la porte vitrée qui conduisait à ce parterre étant restée ouverte, laissait pénétrer les rayons déjà chauds du soleil de mars dans le modeste appartement où venaient d'entrer l'ouvrier en blouse et le maréchal en grand uniforme.

Alors le maréchal, prenant les mains de son père entre les siennes, lui dit d'une voix si profondément émue que le vieillard en tressaillit:

— Mon père… je suis bien malheureux!

Et une expression pénible, jusqu'alors contenue, assombrit soudain la noble physionomie du maréchal.

— Toi… malheureux! s'écria le père Simon avec inquiétude en se rapprochant.

— Je vous dirai tout, mon père… répondit le maréchal d'une voix altérée, car j'ai besoin des conseils de votre inflexible droiture.

— En fait d'honneur, de loyauté, tu n'as de conseils à demander à personne.