— Comment?

— Que je guide votre jeunesse comme une aïeul chicard au milieu des tulipes plus ou moins orageuses, à la bonne heure, je ne risque pas d'y trouver mes religieux bourgeois; mais vous mener justement à un spectacle de carême, puisqu'il n'y a que la représentation des bêtes… je n'aurais qu'à rencontrer là mes sacristains, je serais gentil avec vous sous le bras!

— Vous mettrez un faux nez… et des sous-pieds à votre pantalon, mon gros Nini, on ne vous reconnaîtra pas…

— Il ne s'agit pas de faux nez, mais de ce que j'ai à vous apprendre, puisque vous m'assurez que vous n'avez aucune intrigue.

— Je le jure, dit solennellement Rose-Pompon en étendant horizontalement sa main gauche, pendant que de la droite elle portait une noix à ses dents; puis elle ajouta d'un air surpris en considérant le paletot-sac de Nini-Moulin:

— Ah! mon Dieu! comme vous avez de grosses poches… Qu'est-ce qu'il y a donc là-dedans?

— Il y a des choses qui vous concernent, Rose-Pompon, dit gravement Dumoulin.

— Moi?

— Rose-Pompon, dit tout à coup Nini-Moulin d'un air majestueux, voulez-vous avoir équipage? voulez-vous au lieu d'habiter cet affreux taudis, avoir un charmant appartement? voulez-vous enfin être mise comme une duchesse!

— Allons… encore des bêtises… Voyons, prenez-vous des olives?… sinon je mange tout… il n'en reste qu'une…