— Et que voyez-vous, je vous prie?
— Des traces d'une préoccupation aussi vive… aussi grande… que nouvelle… pour tout ce qui a rapport… à l'Inde, dit M. de Montbron en accentuant lentement ses paroles et attachant un regard pénétrant sur la jeune fille.
— Eh bien? dit bravement Adrienne.
— Eh bien, je cherche la cause de cette soudaine passion…
— Géographique, dit Mlle de Cardoville en interrompant M. de Montbron… Vous trouvez cette passion peut-être un peu sérieuse pour mon âge… mon cher comte… mais il faut bien occuper ses loisirs… et puis enfin, ayant pour cousin un Indien quelque peu prince, il m'a pris envie d'avoir une idée du fortuné pays… d'où m'est arrivée cette sauvage parenté.
Ces derniers mots furent prononcés avec une amertume dont
M. de Montbron fut frappé; aussi, observant attentivement
Adrienne, il reprit:
— Il me semble que vous parlez du prince… avec un peu d'aigreur.
— Non… j'en parle avec indifférence…
— Il mériterait pourtant… un sentiment tout autre…
— D'une toute autre personne peut-être, répondit sèchement
Adrienne.