— Croyez-vous que M. Philémon, à son retour, ne me grondera pas?
— Vous gronder! Pourquoi?
— À cause de son logement, que vous occupez…
— Ah ça, mère Arsène, est-ce que Philémon ne vous a pas dit qu'en son absence je serai maîtresse de ses deux chambres comme je l'étais de lui-même?
— Ce n'est pas pour vous que je parle, mademoiselle, mais pour votre amie Céphyse, que vous avez aussi amenée dans le logement de M. Philémon.
— Et où serait-elle allée sans moi, ma bonne mère Arsène? Depuis que son amant a été arrêté, elle n'a pas osé retourner chez elle, parce qu'ils y devaient toutes sortes de termes. Voyant sa peine, je lui ai dit. «Viens toujours loger chez Philémon; à son retour nous verrons à te caser autrement.»
— Dame, mademoiselle, si vous m'assurez que M. Philémon ne sera pas fâché… à la bonne heure.
— Fâché, et de quoi? qu'on lui abîme son ménage? Il est si gentil, son ménage! Hier, j'ai cassé la dernière tasse… et voilà dans quelle drôle de chose je suis réduite à venir chercher du lait.
Et Rose-Pompon, riant aux éclats, sortit son joli petit bras blanc de son manteau et fit voir à la mère Arsène un de ces verres à vin de champagne de capacité colossale, qui tiennent une bouteille environ.
— Ah! mon Dieu! dit la fruitière ébahie, on dirait une trompette de cristal.