Non, le Seigneur aura pitié; car hélas! les sept descendants de ma soeur sont enfin réunis dans cette ville… Et c'est moi qui leur apporterais la mort!… la mort… au lieu du secours qu'ils réclament!…
Car cette femme qui comme moi erre d'un bout du monde à l'autre, après avoir une fois brisé les trames de leurs ennemis… cette femme a poursuivi sa marche éternelle… En vain elle a pressenti que de grands malheurs menaçaient de nouveau ceux-là qui me tiennent par le sang de ma soeur… La main invisible qui m'amène… chasse devant moi la femme errante… Comme toujours emportée par l'irrésistible tourbillon, en vain elle s'est écriée, suppliante, au moment d'abandonner les miens:
— Qu'au moins Seigneur… je finisse ma tâche!
— MARCHE!!!
— Quelques jours, par pitié! rien que quelques jours!
— MARCHE!!!
— Je laisse ceux que je protège au bord de l'abîme.
— MARCHE!… MARCHE!!… Et l'astre errant s'est élancé de nouveau dans sa route éternelle… Et sa voix a traversé l'espace, m'appelant au secours des miens…
— Quand sa voix est arrivée jusqu'à moi, je le sentais… les rejetons de ma soeur étaient encore exposés à d'effrayants périls… Ces périls augmentent encore…
— Oh! dites, dites, Seigneur! les descendants de ma soeur échapperont-ils à la fatalité qui depuis tant de siècles s'appesantit sur ma race? Me pardonnerez-vous en eux? me punirez- vous en eux?