Le père d'Aigrigny, s'approchant de la princesse, lui dit à demi- voix:

— Voulez-vous donner l'ordre que l'on introduise ici l'abbé
Gabriel de Rennepont, qui viendra vous demander?

— Ce jeune prêtre est donc ici? demanda la princesse avec une vive surprise.

— Depuis avant-hier. Nous l'avons fait mander à Paris par ses supérieurs… Vous saurez tout… Quant au père Rodin, Mme Grivois ira, comme l'autre jour, le faire entrer par la petite porte de l'escalier dérobé.

— Il viendra aujourd'hui?

— Il a des choses fort importantes à nous apprendre. Il a désiré que monseigneur le cardinal et monseigneur l'évêque soient présents à l'entretien, car ils ont été mis à Rome au fait de tout par le père général, en leur qualité d'affiliés…

La princesse sonna, donna ses ordres, et, revenant auprès du cardinal, lui dit avec l'accent de la sollicitude la plus empressée:

— Votre Éminence commence-t-elle à se réchauffer un peu? Votre
Éminence veut-elle une boule d'eau chaude sous ses pieds? Votre
Éminence désire-t-elle que l'on fasse encore plus de feu?…

À cette proposition, l'évêque, qui étanchait son front ruisselant, poussa un soupir désespéré.

— Mille grâces, madame la princesse, répondit le cardinal à Mme de Saint-Dizier, en fort bon français, mais avec un accent italien intolérable; je suis vraiment confus de tant de bontés.