— C'est tout simple, il est des miens; répétez-lui bien ce que je vais d'ailleurs lui écrire ce soir, que tous les fonds qui lui sont nécessaires pour rétablir sa fabrique sont à sa disposition; ce n'est pas seulement pour lui que je parle, mais pour cent fabriques réduites à un sort précaire… Suppliez-le surtout d'abandonner au plus tôt la funeste maison où il a été conduit; pour mille raisons, il doit se défier de tout ce qui l'entoure.

— Soyez tranquille, mademoiselle… la lettre qui m'a été écrite, en réponse à celle que j'étais parvenu à lui faire remettre secrètement, était courte, affectueuse, quoique bien triste; il m'accorde une entrevue; je suis sûr de le décider… à quitter cette triste demeure, et peut-être à l'emmener avec moi; il a toujours eu tant de confiance dans mon dévouement!

— Allons, bon courage, monsieur Agricol, dit Adrienne en mettant son manteau sur les épaules de la Mayeux et en l'enveloppant avec soin. Partons, car il se fait tard. Aussitôt arrivée chez moi, je vous donnerai une lettre pour M. Hardy, et demain vous viendrez me dire, n'est-ce pas? le résultat de votre visite.

Puis, se reprenant, Adrienne rougit légèrement et dit:

— Non… pas demain… Écrivez-moi seulement, et après-demain, sur le midi, venez.

* * * * *

Quelques instants après, la jeune ouvrière, soutenue par Agricol et Adrienne, avait descendu l'escalier de la triste maison, et, étant montée en voiture avec Mlle de Cardoville, elle demanda avec les plus vives instances à voir Céphyse; en vain Agricol avait répondu à la Mayeux que cela était impossible, qu'elle la verrait le lendemain.

* * * * *.

Grâce aux renseignements que lui avait donnés Rose-Pompon, Mlle de
Cardoville, se défiant avec raison de tout ce qui entourait
Djalma, crut avoir trouvé le moyen de faire remettre, le soir
même, et sûrement, une lettre d'elle entre les mains du prince.

XXVI. Les deux voitures.