— Il le faut pourtant, mon cher fils; pardonnez-moi cette indiscrétion… mais nous sommes bien pauvres… et…

— Je vais signer… mon père.

— Mais il faut lire ce que vous signez, mon fils.

— À quoi bon!… Donnez… donnez, dit M. Hardy, pour ainsi dire harassé de l'inflexible opiniâtreté du révérend père.

— Puisque vous le voulez absolument, mon cher fils… dit celui- ci en lui présentant le papier.

M. Hardy signa et retomba dans son accablement.

À cet instant, un domestique, après avoir frappé, entra et dit au père d'Aigrigny:

— M. Agricol Baudoin demande à parler à M. Hardy; il a, dit-il, un rendez-vous.

— C'est bon… qu'il attende, répondit le père d'Aigrigny avec autant de dépit que de surprise, et d'un geste il fit signe au domestique de sortir; puis, cachant la vive contrariété qu'il ressentait, il dit à M. Hardy:

— Ce digne artisan a bien hâte de vous voir, mon cher fils, car il devance de plus de deux heures le moment de l'entrevue. Voyons, il en est temps encore, voulez-vous le recevoir?