Au moment où nous présentons les deux jésuites au lecteur, Agricol venait de sortir de la chambre pour appeler Gabriel et l'amener auprès de son ancien patron.
Le père d'Aigrigny, regardant Rodin avec une angoisse à la fois profonde et courroucée, lui dit à voix basse:
— Sans la lettre de Mlle de Cardoville, les instances du forgeron restaient vaines. Cette maudite jeune fille sera donc toujours et partout l'obstacle contre lequel viendront échouer nos projets! Quoi qu'on ait pu faire, la voici réunie à cet Indien; si maintenant l'abbé Gabriel vient combler la mesure, et que, grâce à lui, M. Hardy nous échappe, que faire!… que faire!… Ah! mon père… c'est à désespérer de l'avenir!
— Non, dit sèchement Rodin, si à l'archevêché on ne met aucune lenteur à exécuter mes ordres.
— Et dans ce cas!
— Je réponds encore de tout… mais il faut qu'avant une demi- heure j'aie les papiers en question.
— Cela doit être prêt et signé depuis deux ou trois jours, car, d'après vos ordres, j'ai écrit le jour même des moxas… et…
Rodin, au lieu de continuer cet entretien à voix basse, colla son oeil à l'une des ouvertures qui permettaient de voir ce qui se passait dans la chambre voisine, puis de la main fit signe au père d'Aigrigny de garder le silence.
XXXIV. Un prêtre selon le Christ.
À cet instant Rodin voyait Agricol rentrer dans la chambre de
M. Hardy tenant Gabriel par la main.