Après un moment de silence, le maréchal, dont la figure rayonnait toujours de bonheur et de joie, dit à Jocrisse:
— Prie M. Robert d'attendre un moment en bas, dans mon cabinet.
— Oui, monsieur le duc, répondit Jocrisse en s'inclinant jusqu'à terre.
Le niais sorti, le maréchal dit à ses filles d'une voix enjouée:
— Vous sentez bien qu'en un jour, qu'en un moment comme celui-ci, on ne quitte pas ses enfants… même pour M. Robert.
— Oh! tant mieux, mon père!… s'écria gaiement Blanche, car
M. Robert me déplaisait déjà beaucoup.
— Avez-vous là de quoi écrire? demanda le maréchal.
— Oui, mon père… là… sur la table, dit vivement Rose en indiquant au maréchal un petit bureau placé à côté de l'une des croisées de leur chambre, vers lequel le maréchal se dirigea rapidement.
Par discrétion, les deux jeunes filles restèrent auprès de la cheminée où elles étaient, et s'embrassèrent tendrement, comme pour se réjouir de soeur à soeur, seule à seule, de cette journée inespérée.
Le maréchal s'assit devant le bureau de ses filles et fit signe à Dagobert d'approcher. Tout en écrivant rapidement quelques mots d'une main ferme, il dit au soldat en souriant, et assez bas pour qu'il fût impossible à ses filles de l'entendre: