— Eh bien, donc! vous le voyez, madame ne perdons point de temps à nous congratuler du passé; songeons à l'avenir… Le grand jour approche, le 1er juin n'est pas loin… fasse le ciel que nous ne voyons pas les quatre membres de la famille qui survivent continuer de vivre dans l'impénitence jusqu'à cette époque et posséder cet énorme héritage… objet de nouvelles perditions entre leurs mains, objet de gloire pour le Seigneur et pour son Église entre les mains de notre compagnie.
— Il est vrai, mon père…
— À propos de cela, vous devriez voir des gens d'affaires au sujet de votre nièce?
— Je les ai vus, mon père; et, si incertaine que soit la chance dont je vous ai parlé, elle est à tenter; je saurai aujourd'hui, je l'espère, si légalement cela est possible…
— Peut-être alors, dans le milieu où cette nouvelle condition la placerait, trouverait-on… moyen d'arriver… à… sa _conversion! _dit Rodin avec un étrange et hideux sourire; car jusqu'ici, depuis qu'elle s'est fatalement rapprochée de cet Indien, le bonheur de ces deux païens paraît inaltérable et étincelant comme le diamant; rien n'y peut mordre… pas même la dent de Faringhea… Mais espérons que le Seigneur fera justice de ces vaines et coupables félicités.
Cet entretien fut interrompu par le père d'Aigrigny; il entra dans le salon d'un air triomphant et s'écria de la porte:
— Victoire!
— Que dites-vous? demanda la princesse.
— Il est parti… cette nuit, dit le père d'Aigrigny.
— Qui cela?… fit Rodin.