— Vous remarquerez du moins, ma belle amie, que je ne vous ai pas dit ce soir un seul mot de mon amour… me tiendrez-vous compte de ma discrétion!
À ce moment, la Sainte-Colombe venait d'enlever son turban; elle se retourna brusquement et planta cette coiffure sur le crâne chauve de Nini-Moulin, en riant d'un gros rire.
L'écrivain religieux parut ravi de cette preuve de confiance et, au moment où la suivante rentrait avec le châle et le chapeau de sa maîtresse, il baisa passionnément le turban, en regardant la Sainte-Colombe à la dérobée.
* * * * *
Le lendemain de cette scène, Rodin dont la physionomie paraissait triomphante, mettait lui-même une lettre à la poste. Cette lettre portait pour adresse:
À monsieur Agricol Baudoin, _Rue Brise-Miche, n° _2. PARIS.
(Très pressée.)
LIX. Les amours de Faringhea.
Djalma, on s'en souvient peut-être, lorsqu'il eut appris pour la première fois qu'il était aimé d'Adrienne, avait, dans l'enivrement de son bonheur, dit à Faringhea, dont il pénétrait la trahison:
— Tu t'es ligué avec mes ennemis, et je ne t'avais fait aucun mal… Tu es méchant parce que tu es sans doute malheureux… je veux te rendre heureux pour que tu sois bon; veux-tu de l'or! tu auras de l'or… veux-tu un ami! tu es esclave, je suis fils de roi, je t'offre mon amitié.