DU VOL, — DE L'ADULTÈRE, — DU VIOL, — DU MEURTRE.

Il est également prouvé que des oeuvres immondes, révoltantes, signées par les révérends pères de la compagnie de Jésus, ont été plus d'une fois mises entre les mains de jeunes séminaristes.

Ce dernier fait établi, démontré par le scrupuleux examen des textes, ayant été d'ailleurs solennellement consacré naguère encore, grâce au discours rempli d'élévation, de haute raison, de grave et généreuse éloquence, prononcé par M. l'avocat général Dupaty, lors du procès du savant et honorable M. de Strasbourg, comment avons-nous procédé?

Nous avons supposé des membres de la compagnie de Jésus inspirés par les détestables principes de _leurs théologiens classiques, _et agissant selon l'esprit et la lettre de ces abominables livres, leur catéchisme, leur rudiment; nous avons enfin mis en action, en mouvement, en relief, en chair et en os, ces détestables doctrines; rien de plus, rien de moins.

Avons-nous prétendu que tous les membres de la société de Jésus avaient le noir talent ou la scélératesse d'employer ces armes dangereuses que contient le ténébreux arsenal de leur ordre? Pas le moins du monde. Ce que nous avons attaqué, c'est l'abominable esprit des _Constitutions _de la compagnie de Jésus, ce sont les livres de ses théologiens classiques.

Avons-nous enfin besoin d'ajouter que, puisque des papes, des rois, des nations, et dernièrement encore la France, ont flétri les horribles doctrines de cette compagnie, en expulsant ses membres ou en dissolvant leur congrégation, nous n'avons, à bien dire, que présenté sous une forme nouvelle des idées, des convictions, des faits depuis longtemps consacrés par la notoriété publique?

Ceci dit, passons. L'on nous a reproché d'exciter les rancunes des pauvres contre les riches. À ceci nous répondrons que nous avons, au contraire, tenté, dans la création d'Adrienne de Cardoville, de personnifier cette partie de l'aristocratie de nom et de fortune qui, autant par une noble et généreuse impulsion que par l'intelligence du passé et par la prévision de l'avenir, tend ou devrait tendre une main bienfaisante et fraternelle à tout ce qui souffre, à tout ce qui conserve la probité dans la misère, à tout ce qui est dignifié par le travail.

Est-ce, en un mot, semer des germes de division entre le riche et le pauvre, que de montrer Adrienne de Cardoville, la belle et riche patricienne appelant la Mayeux sa soeur, et la traitant en soeur, elle, pauvre ouvrière, misérable et infirme?

Est-ce irriter l'ouvrier contre celui qui l'emploie que de montrer M. François Hardy jetant les premiers fondements d'une maison commune?

Non, nous avons au contraire tenté une oeuvre de rapprochement, de conciliation, entre les deux classes placées aux deux extrémités de l'échelle sociale; car, depuis tantôt trois ans, nous avons écrit ces mots: