— SI LES RICHES SAVAIENT!!!
Nous avons dit et nous répétons qu'il y a d'affreuses et innombrables misères; que les masses, de plus en plus éclairées sur leurs droits, mais encore calmes, patientes, résignées, demandent que ceux qui gouvernent s'occupent enfin de l'amélioration de leur déplorable position, chaque jour aggravée par l'anarchie et l'industrie. Oui, nous avons dit et nous répétons que l'homme laborieux et probe _a droit _à un travail qui lui donne un salaire suffisant.
Que l'on nous permette enfin de résumer en quelques lignes les questions soulevées par nous dans cette oeuvre.
Nous avons essayé de prouver la cruelle insuffisance du salaire des femmes, et les horribles conséquences de cette insuffisance.
Nous avons demandé de nouvelles garanties contre la facilité avec laquelle quiconque peut être renfermé dans une maison d'aliénés. Nous avons demandé que l'artisan pût jouir du bénéfice de la loi à l'endroit de la liberté sous caution, caution portée à un chiffre tel (cinq cents francs) qu'il lui est impossible de l'atteindre; liberté dont pourtant il a plus besoin que personne, puisque souvent sa famille vit de son industrie, qu'il ne peut exercer en prison. Nous avons donc proposé le chiffre de soixante à quatre-vingts francs, comme représentant la moyenne d'un mois de travail.
Nous avons enfin, en tâchant de rendre pratique l'organisation d'une maison commune d'ouvriers, démontré, nous l'espérons, quels avantages immenses, même avec le taux actuel des salaires, si insuffisant qu'il soit, les classes ouvrières trouveraient dans le principe de l'association et de la vie commune, si on leur facilitait les moyens de les pratiquer.
Et afin que ceci ne fût pas traité d'utopie, nous avons établi par des chiffres que des _spéculateurs _pourraient à la fois faire une action humaine, généreuse, profitable à tous, et retirer cinq pour cent de leur argent, en concourant à la fondation de maisons communes.
Maintenant, un dernier mot pour remercier du plus profond de notre coeur les amis connus et inconnus dont la bienveillance, les encouragements, la sympathie, nous ont constamment suivi et nous ont été d'un si puissant secours dans cette longue tâche…
Un mot encore de respectueuse et inaltérable reconnaissance pour nos amis de Belgique et de Suisse qui ont daigné nous donner des preuves publiques de leur sympathie, dont nous nous glorifierons toujours, et qui auront été une de nos plus douces récompenses.