—Comme pour Youmaalë.
—Vous les aimez donc tous trois également?...
—Oui, puisque tous trois m’aiment également...
—C’est une idée fixe, il n’y a pas moyen de la faire sortir de là, pensa le Gascon, je m’y perds, son accent est trop innocent pour être feint. Il se peut que la médisance ait calomnié l’affection peut-être fraternelle que cette jeune femme porte à ces trois bandits! pourtant le boucanier m’a donné à entendre... après tout, j’aurai peut-être mal compris, et puisque je veux la quitter, j’aime mieux la croire innocente que coupable, quoiqu’elle me semble, mordioux! furieusement difficile à innocenter. Il reprit:—Une dernière question, madame: quel était le but des atroces plaisanteries que vous et le flibustier avez faites, hier, sur deux de vos maris, dont l’un serait mort de rire, et dont l’autre aurait été changé en lampe ardente, grâce à l’intervention de l’homme rouge qui aurait, toujours selon la même plaisanterie, signé à votre contrat?... Vous sentez bien, madame, que si poli que je sois, il m’est extrêmement difficile de paraître prendre ces folies au sérieux.
—Ce ne sont pas des folies...
—Comment, vous voulez que je croie...
—Oh! il faudra bien que vous croyiez cela... et bien d’autres choses... enfin que vous vous rendiez à l’évidence, dit la veuve avec un accent singulier.
—Et quand m’expliquerez-vous ce beau mystère, madame?
—Lorsque je vous aurai dit à quel prix je mets ma main.
—Ah! elle recommence la même plaisanterie, se dit le Gascon. Ayons l’air d’être sa dupe pour voir jusqu’où elle ira; je voudrais même qu’elle allât très loin pour que mon sot amour fût complétement éteint. Il reprit tout haut: