—Vraiment?
—Non, milord... je dirai plus... je compte même beaucoup sur le retour de madame la duchesse pour vous décider à me suivre, dans le cas où vous hésiteriez encore.
—Monsieur... vous parlez en énigmes.
—Je vous en dirai tout à l’heure le mot, milord; mais auparavant je dois vous prévenir que l’on est à peu près au courant de tout ce qui vous est arrivé depuis votre fuite de Londres.
—En lui niant ceci, je le forcerai à parler, et j’apprendrai peut-être quelque chose de plus, dit le chevalier. Il reprit tout haut:
—Quant à cela, monsieur, je ne le crois pas... c’est impossible.
—Écoutez-moi donc, milord-duc; il y a quatre ans, vous avez épousé, en France, la maîtresse de cette maison. Que ce mariage soit légal ou non, ayant été contracté après votre exécution à mort, et par conséquent pendant le veuvage de votre première femme... cela ne me regarde pas, c’est une affaire de conscience et de théologie.
—Décidément, mon Sosie, le milord-duc s’est mis dans une position tout exceptionnelle, se dit Croustillac, on peut le tuer parce qu’il est mort... et il peut se remarier parce que sa femme est veuve de lui. Je commence à avoir les idées singulièrement embrouillées, car, depuis hier, il se passe autour de moi des événements bien étranges.
—Vous voyez, milord-duc, que mes renseignements sont exacts.
—Exacts... exacts... jusqu’à un certain point; vous me supposez capable de m’être remarié après mon exécution à mort, c’est au moins hasardé. Que diable... monsieur, savez-vous qu’il faut être bien sûr de son fait au moins... pour prêter aux gens de pareilles originalités.