—Mais vos gens peuvent vouloir vous délivrer.
—Ma vie est entre vos mains, monsieur, vous avez ma parole. Je ne puis rien de plus.
—C’est juste, monseigneur... mais alors dans votre intérêt prévenez vos esclaves que leur moindre tentative contre moi vous coûterait la vie, car j’ai juré aussi, moi, de vous emmener mort ou vif.
—Ce ne sera pas de ma faute, monsieur, si vous ne tenez pas votre serment... Marchons...
Et le chevalier et le colonel s’avancèrent vers la maison.
Rutler tenait le bras de Croustillac sous son bras gauche, et avait toujours la main sur son poignard; non qu’il doutât de la parole de son prisonnier, mais les esclaves du Morne-au-Diable pourraient vouloir délivrer leur maître.
Croustillac et Rutler n’étaient plus qu’à quelques pas de la maison, lorsqu’au détour d’une allée obscure ils virent s’avancer une femme vêtue de blanc.
Le colonel s’arrêta, serra fortement le bras de son prisonnier, et lui dit tout bas:
—Qui est là? Monseigneur, avertissez cette femme... prenez garde qu’elle crie.
—C’est la Barbe-Bleue, je suis perdu, elle va pousser des cris de paon et tout découvrir, pensa Croustillac.