Les différents personnages dont nous nous occupons gardèrent un profond silence pendant le temps qu’ils mirent à se rendre à l’anse aux Caïmans.

Tous, à l’exception de M. de Chemeraut, étaient gravement préoccupés de l’issue de cette aventure.

La petite baie où était mouillé le Caméléon n’était pas très éloignée de l’habitation de la Barbe-Bleue.

Lorsque l’escorte y arriva, l’horizon se rougissait des premières lueurs du soleil levant.

Le Caméléon, brigantin léger et rapide comme un alcyon, se balançait gracieusement sur les vagues, amarré à un coffre de sauvetage, ce mode de mouillage pouvant rendre son appareillage beaucoup plus prompt.

Non loin du Caméléon, on voyait un des gardes-côtes de l’île qui croisait toujours dans ces parages, seul point de la Cabesterre qui fût abordable.

La chaloupe du Caméléon, commandée par le second du capitaine Ralph, attendait au débarcadère; quatre marins la montaient, tenant leurs avirons levés, prêts à nager au premier signal.

—Le cœur du Gascon battait à se rompre...

Au moment de recueillir le prix de son sacrifice, il tremblait qu’un accident imprévu ne renversât le fragile échafaudage de tant de stratagèmes.

Enfin, la litière où était renfermé Monmouth arriva sur le rivage, et fut bientôt suivie de la chaise d’Angèle.