L’aventurier était évanoui.
La duchesse de Monmouth (c’était elle), ne reconnaissant pas d’abord le chevalier, attribua sa faiblesse à la fatigue ou au besoin, et s’empressa, aidée de ses deux enfants, de secourir l’inconnu.
Jacques, garçon vigoureux pour son âge, appuya le vieillard au tronc de l’un des noyers, pendant que sa mère et sa sœur allèrent chercher un cordial.
En ouvrant l’uniforme du chevalier pour faciliter sa respiration, Jacques vit attaché avec un lacet de cuir le riche médaillon que l’aventurier portait sur sa poitrine.
—Ma mère, regardez donc le beau reliquaire! dit le jeune garçon.
La duchesse s’approcha et fut à son tour stupéfaite de reconnaître le médaillon qu’elle avait autrefois donné à Croustillac. Puis, regardant le chevalier avec plus d’attention, elle s’écria:
—C’est lui! c’est l’homme généreux qui nous a sauvés...
Le chevalier revint à lui.
Lorsqu’il ouvrit les yeux, ils étaient inondés de larmes.
Il est impossible de peindre le bonheur, les élans de joie du bon Croustillac.