A peine avait-il dit ces mots que John poussa des cris terribles et se débattit avec violence en s’écriant:
—A moi! à moi! je suis mort...
Éperdu de terreur, Rutler voulut se redresser, mais il se frappa violemment le crâne aux parois de l’étroit passage.
Alors, rampant en arrière aussi rapidement qu’il le put à l’aide de ses genoux et de ses mains, il tâcha de fuir à reculons pendant que John, aux prises avec le serpent, poussait des hurlements de douleur et d’épouvante.
Tout à coup ses cris devinrent sourds: inarticulés, gutturaux, comme si le marin eût été étouffé.
En effet, le serpent, furieux, après avoir, dans l’obscurité, mordu John aux mains, à la gorge, au visage, essayait d’introduire sa tête plate et visqueuse dans la bouche entr’ouverte de ce malheureux, et le mordait aux lèvres et à la langue; et cette dernière blessure l’acheva.
Le serpent, avant assouvi sa rage, dénoua rapidement ses horribles nœuds et prit la fuite.
Le colonel sentit un corps flasque et glacé effleurer sa joue; il se tint immobile.
Le serpent glissa rapidement le long des parois du conduit souterrain et s’échappa.
Ce danger passé, le colonel resta quelques moments pétrifié de terreur; il écoutait les derniers râlements de John; son agonie fut rapide.